Methane slip : un enjeu clé pour les navires au GNL

Contexte

Le “methane slip” désigne le méthane (CH₄) qui s’échappe sans être brûlé : une partie par l’échappement des moteurs gaz/biogaz (imbrûlés), une autre via de petites fuites sur la chaîne gaz (émissions fugitives). Problème : le CH₄ est un gaz à fort pouvoir de réchauffement. Résultat, quelques fuites peuvent réduire le bénéfice climatique attendu du GNL.

Dans la construction navale, le sujet se joue dès la conception. Le choix de l’architecture moteur (cycles et pressions d’injection) influence directement le taux d’imbrûlés. Le dessin du Fuel Gas Supply System (FGSS), la qualité des joints/valves, la gestion du boil-off gas (BOG) et les stratégies de purge/ventilation pèsent tout autant. Côté exploitation, les phases à très faible charge, les transitoires et le soutage sont des moments sensibles.

Checklist express (nouvelle construction / retrofit)

Checklist express (nouvelle construction / retrofit)

Choisir une technologie moteur reconnue pour son faible slip, adaptée au profil d’exploitation du navire.

Concevoir un FGSS étanche et instrumenté (détection CH₄, tests d’étanchéité, purges maîtrisées).

Prévoir une gestion BOG robuste (reliquéfaction/recondensation/consommation contrôlée selon le cas).

Solutions techniques pour réduire le methane slip

Illustration technique liée aux moteurs, FGSS et BOG.

Mesures et formation

Monitoring et instrumentation

Points de mesure et solutions de monitoring pour CH₄.

Installer des points de mesure et un plan de monitoring du CH₄ (au minimum sur zones à risque).

Cadrer des objectifs contractuels de performance CH₄ et des essais de réception associés.

Former équipages et équipes MCO aux bonnes pratiques de réglage moteur et de maintenance gaz.

Conclusion

Message clé : le GNL reste une solution de transition pertinente si, et seulement si, le methane slip est anticipé au design, maîtrisé à bord et suivi dans le temps.